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Fraude au président par deepfake : le cas publié par la DGSI, et les procédures pour s'en protéger

Par , formateur IA & Claude Code ·

La fraude au président est ancienne. Un faux dirigeant appelle et demande un virement urgent et confidentiel. Il compte sur la pression pour que personne ne vérifie.

L’IA peut maintenant lui prêter le visage et la voix du vrai dirigeant.

La DGSI a publié un cas réel en décembre 2025. Voici ce qui s’est passé, et les procédures recommandées pour s’en protéger.

Le cas publié par la DGSI

Le responsable d’un site industriel reçoit un appel en visioconférence. À l’écran, une personne qui se présente comme le dirigeant du groupe.

Rien ne l’alerte au début. L’apparence et la voix correspondent.

Puis l’interlocuteur demande vite un transfert de fonds, pour un soi-disant projet d’acquisition du groupe.

Surpris par le caractère inhabituel de la demande, le responsable met fin à l’échange. Il alerte sa direction par les canaux habituels.

On lui confirme ensuite qu’il vient d’échapper à une tentative d’escroquerie par hypertrucage. Le visage et la voix du dirigeant avaient été produits par une IA.

Ce qui a alerté le responsable

La demande elle-même. Un transfert de fonds inhabituel, demandé vite, a suffi à le surprendre.

L’image et la voix étaient convaincantes. C’est la nature de la demande qui l’a fait douter.

Ce que c’est, selon la définition officielle

Cybermalveillance.gouv.fr est le dispositif public d’assistance aux victimes. Il classe cette fraude dans les faux ordres de virement (FOVI).

Sa définition : une arnaque qui pousse la victime à faire un virement non planifié. Par persuasion, menaces ou pressions. Quand la demande semble venir d’un dirigeant, « urgente et confidentielle », on parle d’arnaque au président.

La fiche cite deux variantes. Un faux fournisseur annonce un changement de RIB. Un faux salarié demande que son salaire parte sur un nouveau compte.

Le compte de l’escroc est souvent à l’étranger. Et la fiche précise que tous les types d’organisation sont concernés.

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Les procédures recommandées

Cybermalveillance.gouv.fr en recommande cinq. Je les reprends dans l’ordre de sa fiche.

  1. Sensibiliser les collaborateurs et les cadres, notamment aux faux messages qui volent les mots de passe.
  2. Écrire des procédures claires pour authentifier l’émetteur et confirmer tout virement imprévu.
  3. Imposer une vérification et une validation hiérarchique interne « non dérogeable ». Elle vise les virements imprévus et les changements de coordonnées bancaires.
  4. Limiter ce qui est publié sur les personnes habilitées à faire des virements. Sur le site comme sur les réseaux sociaux.
  5. Protéger les messageries par des mots de passe solides et la double authentification.

Le point 3 est celui que l’IA rend décisif. « Non dérogeable » veut dire sans exception. Je le lis ainsi : pas même pour le dirigeant, encore moins pour quelqu’un qui lui ressemble.

Pourquoi l’IA rend l’arnaque plus crédible

Parmi les usages de l’IA par les attaquants, la DGSI cite aussi ces deux-là.

Le premier, des messages frauduleux et de faux sites qui imitent le style humain. Le second, le hameçonnage ciblé : l’IA analyse les données publiques et privées d’une cible pour personnaliser l’attaque.

Un faux dirigeant bien renseigné connaît les noms, les projets, le vocabulaire de la maison. Une procédure de validation ne dépend d’aucun de ces détails.

C’est l’une des attaques décrites dans notre page sur la sécurité de l’IA en entreprise.

Si la fraude est découverte

La fiche de Cybermalveillance.gouv.fr liste les gestes. La plainte se dépose en parallèle des démarches auprès de la banque.

  • Identifier tous les virements exécutés, en attente ou à venir vers le compte frauduleux.
  • Alerter la banque tout de suite et demander le retour des fonds.
  • Suspendre le virement s’il n’est pas encore parti.
  • Conserver les preuves : numéros, messages, courriels, ordres de virement.
  • Changer le mot de passe de la messagerie si elle a été piratée. Activer la double authentification.
  • Porter plainte dans les plus brefs délais, au commissariat, à la gendarmerie ou par écrit au procureur.

La fiche précise que la plainte sera nécessaire. La plainte augmente aussi vos chances de récupérer les fonds auprès de la banque.

Pour une tentative liée à l’IA, la DGSI demande aussi à être prévenue, à securite-economique@interieur.gouv.fr.

Ce que risque l’auteur

Selon le cas, plusieurs infractions peuvent être retenues. L’article 313-1 du code pénal punit l’escroquerie de cinq ans d’emprisonnement et de 375 000 euros d’amende. La tentative est passible des mêmes peines.

Par où commencer

Relisez votre procédure de virement avec une seule question. Si le dirigeant appelle lui-même en visio, peut-il la contourner ?

Si la réponse est oui, c’est la ligne à réécrire.

Pour former vos équipes aux usages de l’IA, voir la formation IA en entreprise.

FAQ

Questions fréquentes

Qu'est-ce que la fraude au président ?

Un escroc se fait passer pour un dirigeant et demande un virement urgent et confidentiel. Cybermalveillance.gouv.fr la range dans les faux ordres de virement, ou FOVI. Le compte de l'escroc est souvent à l'étranger.

Qu'est-ce que l'IA change à la fraude au président ?

Elle ajoute la voix et le visage du dirigeant. La DGSI a publié le cas d'un responsable de site appelé en visioconférence par un faux dirigeant. Le visage et la voix étaient générés par une IA.

Comment se protéger de la fraude au président par deepfake ?

Cybermalveillance.gouv.fr recommande une procédure de vérification et de validation hiérarchique interne non dérogeable. Elle vise les virements imprévus et les changements de coordonnées bancaires. La fiche recommande aussi de sensibiliser les collaborateurs et les cadres.

Que faire si un virement frauduleux est déjà parti ?

Identifier les virements concernés. Alerter la banque tout de suite et demander le retour des fonds. Conserver les preuves. En parallèle, porter plainte dans les plus brefs délais. Ce sont les gestes que liste la fiche de Cybermalveillance.gouv.fr sur les faux ordres de virement.

Que risque l'auteur d'une fraude au président ?

Selon le cas, plusieurs infractions peuvent être retenues. L'escroquerie est punie de cinq ans d'emprisonnement et de 375 000 euros d'amende (article 313-1 du code pénal). La tentative est passible des mêmes peines.

À qui signaler une tentative de fraude par deepfake ?

À votre banque et à la police ou la gendarmerie, par une plainte. La DGSI demande aussi qu'on lui signale tout évènement suspect lié à l'IA, à securite-economique@interieur.gouv.fr.

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